Ce top 3 privilégie essentiellement les applications de lecture qui permettent d’accéder à des catalogues de titres francophones classiques et contemporains, payants ou gratuits. Sans surprise, Stanza pour iPad se classe au top. C’était déjà mon application favorite sur iPhone et elle le restera sur le iPad. Deux grosses déceptions à la fin de ce top: les applications La Hutte et Eden Reader.
NUMÉRO 1: STANZA POUR IPAD
Stanza ne se démarque pas particulièrement par son environnement graphique, loin de là mais c’est sans doute l’application de lecture, que ce soit sur l’iPhone ou l’iPad, la plus complète en terme d’options, la plus ergonomique en terme de recherches et la plus intelligente au niveau de la synchronisation. Via Stanza vous avez directement accés aux catalogues francophones proposés par Feedbooks et le Projet Gutenberg. Sur Feedbooks, il n’y a pas seulement des grands classiques à télécharger. Vous serez surpris d’y trouver des livres contemporains, sans doute pour la plupart auto-édités mais particulièrement bien mis en page et particulièrement bien écrits. Stanza, et encore plus sur iPad, me sert également à lire des documents professionnels (fichiers word, pdf…) transformé préalablement en format en epub sur mon ordinateur via Stanza Desktop. Je ne me promène plus avec des tonnes et des tonnes de rapports: tout est bien classé, rangé dans la bibliothèque Stanza de mon iPad. Ainsi, tous les documents sont à portée de main et je peux les consulter, les annoter sans encombrer mon environnement de travail.
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NUMÉRO 2: KINDLE FOR IPAD
C’est sans surprise que cette application de lecture se retrouve en 2e position de ce classement surtout lorsqu’on sait que ce sont les équipes de Lexcycle, éditeur de Stanza racheté par Amazon qui l’ont développée. Il n’y a rien de trés complexe dans l’utilisation de cette application. Après avoir ouvert un compte sur Amazon et télécharger l’application sur le iPad, l’accés au catalogue est immédiat, la recherche est efficace. De plus, si vous faites les recherches et vos achats depuis votre ordinateur, on vous donne la possibilité de choisir de télécharger soit sur votre ordinateur, soit sur votre iphone, soit sur votre iPad, la synchronisation est automatique. Toutes les options essentielles pour assurer un excellent confort de lecture sont là: possibilité de changer les polices de caractère, la grosseur, la luminosité, le fond (pour ma part j’utilise toujours le fond sépia beaucoup moins fatiguant pour les yeux), la prise de note, marque-page, etc. Et puis, il y a de plus en plus de titres en français sur un catalogue qui compte au total 540.000 ebooks. Beaucoup de classiques, certes, mais aussi des titres contemporains, à des prix trés abordables comme ceux du catalogue des éditions Dédicaces
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NUMÉRO 3: IBOOK
Apple arrivera-t-il avec son application de lecture iBook à nous convaincre de lire des livres sur sa tablette? À vrai dire, les choses se présentent plutôt bien pour le moment et je dois avouer que mes craintes du début de lire sur un écran aussi lumineux que celui de l’iPad se sont complètement dissipées avec le temps. Mais là n’est pas la question du jour. Revenons à l’application. Elle permet d’accéder à l’iBookstore qui compte actuellement un peu moins de 50.000 livres avec encore trop de contenus anglophones, à mon goût et beaucoup de livres classiques. Quoiqu’il en soit, cette application va devenir un incontournable. Son design est agréable (d’ailleurs on se rend compte qu’il est copié par les autres éditeurs d’applications de lecture) et le téléchargement des livres se fait de façon intuitive et rapide. Là encore, tout comme Stanza, c’est trés facile de télécharger vos propres documents après les avoir transformé en fichier epub et de les lire sur votre tablette. Lors d’une prochaine mise à jour, l’application acceptera les fichiers pdf.
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DEUX GROSSES DÉCEPTIONS: LA HUTTE ET EDEN READER
J’aurai bien voulu que l’une de ses deux applications apparaissent dans ce top 3 car j’avais beaucoup d’attentes à leur sujet. Développées toutes les deux par Demarque et Mirego, l’une pour les livres québécois (La Hutte), l’autre pour le trio Gallimard/Seuil/Martinière (Eden Reader) qui ne veulent pas proposer leur catalogue dans l’iBookStore pour protester contre le modèle d’agence imposé par Apple. L’ergonomie de ces deux applications est fastidieuse, le téléchargement des livres complexe qui oblige, entre autres, le lecteur à choisir une librairie. De plus, les librairies virtuelles connectées n’ont rien fait pour adapter leur site au format de l’iPad. Ainsi, par exemple, pour télécharger un livre québécois avec La Hutte, il faut passer par livresquebecois.com et on est obligé de se taper toutes les sections avant d’accéder à la section dédiée aux livres numériques, section qui n’est pas du tout adaptée à une lecture sur iPad. Idem pour Eden Reader, on arrive sur le site de ePagine où rien n’indique, entre autres, que les livres sont lisibles sur iPad. C’est deux applications ont un sérieux travail pour améliorer l’interface d’utilisation pour la rendre vraiment attractive et pratique.

Jean-François, j’aimerais que tu précises si c’est l’application dont l’utilisation est fastidieuse où si c’est uniquement le processus d’achat des livres. Comment se passe la lecture une fois que tu as acheté le livre que tu voulais? Tu as pu essayer?
Comme je l’ai déjà évoqué ailleurs, nous faisons deux choix audacieux avec ces applications:
1. créer un environnement de lecture adapté aux livres en pdf — particulièrement important au Québec où il n’y a que très peu de ePub disponibles à l’heure actuelle.
2. mettre en place un mécanisme qui permet aux libraires de vendre des livres numériques directement à partir du iPad (ou à partir d’un ordinateur, aussi).
Dans le premier cas, je pense que nous avons relevé le défi avec grand succès — reste des améliorations à apporter, mais c’est déjà très bien.
Dans le deuxième cas, c’est plus laborieux, parce qu’il est vrai que les sites de librairies ne sont pas encore très bien optimisé pour l’achat de livres numériques (et ce n’est pas le cas seulement de livresquebecois.com et de ePagine.fr — loin de là!).
Cela dit, je ne m’en fais pas outre mesure des critiques qui concernent cette partie du dispositif que nous avons mis en place. Nous y attendions, et c’est notamment grâce à ces commentaires que nous pourrons mieux accompagner les libraires dans la transformation de leurs sites web afin de les rendre plus efficaces.
Cela aurait été facile de court-circuiter les libraires en faisant nous même la vente ou en sacrifant leur place au profits d’autres revendeurs — mais ce n’est pas ce que nous voulons faire. Les libraires sont importants dans l’écosystème du livre — nous souhaitons faire AVEC eux, et pour cela, il faut accepter de prendre un peu de temps et de s’accorder le droit à l’erreur — ou à ce qui est perçu comme tel par des gens plus pressés, ou qui n’ont pas fait le choix de la vision holistique que nous avons adoptée.
Ce n’est surtout pas un reproche à ton égard — la critique nous fait tous avancer. Au contraire, merci de la formuler aussi précisément.
Ce n’est pas tant l’application en elle-même qui pose problème mais tout le cheminement nécessaire pour obtenir un fichier numérique qui est quelque peu laborieux dans ce cas précis. Je peux absolument comprendre votre démarche qui est de mettre en avant les libraires, cependant, ce sont aussi aux libraires à faire un bout de chemin pour valoriser la lecture numérique, surtout lorsqu’on dispose des outils comme ceux qui vont développer pour leur facilité la tâche. Or, cela ne m’intéresse pas, depuis mon iPad, d’être obligé de surfer sur l’ensemble du site du libraire alors que ce qui m’intéressent c’est uniquement leur catalogue numérique. Ils pourraient au moins faire un effort pour créer un environnement propice.
Je ne ressens ton intervention comme un reproche, loin de là, mais il y a une chose qu’il ne faut pas oublier dans tout ça: le lecteur/consommateur et j’ai un peu le sentiment dans tout ça que l’on cherche d’abord à faire plaisir à la chaîne du livre et à ne froisser personne plutôt qu’à faciliter l’accés aux livres numériques au consommateur. Enfin, la lecture à partir sur PDF sur iPad n’est vraiment pas celle que je préfère. Il faut tout le temps adapté le fichier. Au moins avec l’epub (sans DRM), les fichiers s’adaptent tout seul au format de l’écran. Bref, pour résumé, ce serait bien que les libraires fassent également leur part. À eux, également de trouver des solutions pour valoriser les contenus littéraires numériques et la création littéraire numérique.